• Jessica - VersionB

Huit mois moins un jour

Salut. Comment tu vas?

Non non, mais sérieux là, on va prendre un moment pour se dire les vraies affaires. C’est quand la dernière fois que tu t’es vraiment arrêté pour te poser la question?

J’prends le temps de te le demander parce que j’t’avoue que moi, ce deuxième confinement-là, j’avais peur. Non mais pour vrai, y’a pas à dire que cette nouvelle réalité-là, elle a changé ma vie. J’ai opté pour le mot ‘’changé’’ parce que ‘’fucké’’ c’est trop négatif.

On recule dans le temps. On est back au 13 mars 2020. C’est en début d’après-midi et Monsieur Legault vient officiellement d’annoncer la fermeture des écoles.

Crédit photo : Unsplash Macau Photo Agency

*Ding ding* C’est mon boss. Il nous demande de partir avec nos ordinateurs portables afin d’être prudents et de travailler de la maison le temps que les choses se clarifient. 8 mois, et on vit encore dans le néant, mais en tous cas.

On le sait anxieuse, médicamentée; déjà là, la vie normale c’est pas toujours évident. Mais bon, moi j’ai peur de rien (sauf tout LOL). Tête dure, je vais être capable de surmonter n’importe quoi, moi! Belle attitude positive la chum! J’avais jamais vraiment fait ça moi du ‘’télé-travail’’. Je n’étais pas particulièrement à l’aise d’en faire, prise dans cette constante peur qu’on pense que je ne fais pas le travail qui m’est demandé, prise dans cette constante peur de décevoir. Je n'étais pas équipée. Je travaillais sur ma table de cuisine dans l’attente qu’on me dise : ‘’All good on retourne au bureau guys!’’ YES!! Non, 8 mois plus tard et toujours pas de date prévue pour qu’on réintègre notre lieu de travail. Je ne pensais jamais de ma vie autant m’ennuyer du café boff de la machine du 10e étage. Je ne sais pas si tu le sais, mais le fait de perdre ma routine matinale; soit de me lever, prendre ma douche et me préparer afin d’être prête à partir à 7h20 précisément, prendre le train à 7h35 pour arriver au bureau à 7h55 bien pile, ça me gardait stable. PAS FACILE. Je ne mangeais plus. Je ne dormais plus, mais je n'arrivais jamais à me lever le matin non plus. Je pleurais constamment. Je perdais les pédales à tous bouts de champ.


J’vous épargne les nombreux défis auxquels j’ai fait face dans les derniers 8 mois en apprenant à apprivoiser ma nouvelle réalité qui était de basically pu sortir de chez moi, sauf aux rares fois où je devais braver les files d’attentes des supermarchés avec toute l'incertitude et le stress qui l'accompagnaient. Vous savez ce que c'est vous autres aussi anyway. What the… Je sais.

Pis là le beau temps est arrivé. Heureusement pour nous, il est arrivé accompagné d’un peu plus de liberté. Il est arrivé accompagné de belles rencontres et de beaux projets. Le beau temps m’a aidé à me sentir vivante à nouveau. Mais comme le beau temps ne reste jamais longtemps, le rouge des paysages automnales est arrivé sur la deuxième vague et elle aussi, elle était rouge.

Je sais pas pour toi, mais moi, la dépression saisonnière, c’est à toutes les saisons (lol), mais c’est encore pire quand on vit le changement de lumière. J’avais peur. Je ne te mentirai pas que j’étais terrifiée à l’idée de revivre ce deuxième confinement. Heureusement, j’étais outillée cette fois. J’étais mieux installée et mieux soutenue. J’avais été 100% honnête avec mon patron à propos des fois où je sentais que ça n'allait pas. Il m’a beaucoup aidée à me ‘’grounder’’ et m'a rappelé d’être patiente avec moi-même dans ces moments-là. Il m'a conseillée d’aller prendre une marche et de me vider la tête, m'a rappelé que la job serait encore là pour moi plus tard. La personne qui a dit que la communication c’était la clé, Mercure genre, avait raison. Je me suis sentie écoutée, importante et comprise.

Ça fait que j’ai commencé à naturellement m’écouter plus et me sentir plus importante, à mes yeux à moi.

J’ai pris du temps pour m’aimer, plus souvent.

Je me suis gâtée quand j’en avais envie.

Je suis retombée en amour avec la musique ; j'ai pris le temps de découvrir de nouveaux artistes. J’dirais que certains album m’ont peut-être même sauvé la vie le temps de ces fameux défis.

Si je prends le temps de t’écrire aujourd'hui c’est parce que je veux te rappeler que tu n’es pas seul(e). J’aimerais qu'on se rappelle tous et chacun que ça ne coûte absolument rien d’être gentil les uns envers les autres. C’est correct de se sentir au bout du bout, mais ne laisse pas la noirceur de cette mauvaise passe prendre le dessus sur ta belle âme lumineuse. Je veux te rappeler que tu es aimé et accepté pour tout ce que tu es.

Ça fait 8 mois… L’hiver cogne à nos portes. Les problèmes de santé mentale reliées au confinement et à la réalité qui entoure la pandémie mondiale ne vont pas en s'améliorant. C'est particulièrement difficile pour les gens qui souffre de dépression et autres difficultés psychologiques. Le taux de rechute et d’overdose a augmenté de plus de 30% depuis Mars 2020.


L’ACSM, l’Association Canadienne de Santé Mentale a une ligne d’aide et d’écoute 24/7 : 1-833 456-4566 et je t’invite à t’y référer si tu en sens le besoin. D’appeler le 911 ou de te présenter à l’hôpital le plus près de chez toi si tu en as besoin. D’appeler une personne en qui tu as confiance et de te dire que c’est OK, mais ne reste pas seul(e).


Si tu cherches d'autres outils pour te recentrer et mettre du soleil dans tes journées, visite le site de notre charmante amie Nadia. Elle a plein de trucs et conseils bon pour le moral. C'est une perle. Du bonbon pour l'âme. Tu vas l'adorer.

J’t’encourage à ne pas lâcher de pas lâcher.

J't’aime. Prends soin de toi.

Crédit photo : Unsplash Peter Boccia

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