• Jessica - VersionB

Mon mal-être: Non échangeable, non Remboursable

Bon j’ai une confession à vous faire. J’avais peur exactement de ce qui est entrain de m’arriver. Collaborer avec Version B. est une chose tellement positive qui s’est manifestée dernièrement que j’avais un peu mis mes bobos de côtés. Je vous ai préalablement donné un petit scoop de mon diagnostique d’hypersensibilité, mais je souffre aussi en plus d'un trouble anxieux, généralisé et chronique. J’entends tellement de gens dire ‘’Oué tout le monde est anxieux’’. Et oui, ils ont raison. L’anxiété c’est un phénomène normal que tout le monde vit. Par contre, plusieurs choses peuvent en être la cause, et pour ma part, ce sentiment, malheureusement si normal pour moi, est devenu le Chef d’Orchestre de ma vie. Je pense qu’à un moment ou un autre, je vais vous raconter comment j’en suis venue à 'obtenir' ce diagnostique. J'avais même déjà entamé la rédaction d'un article, mais je trouvais ça trop long, trop triste et trop maussade, surtout qu'ici le message qu'on cherche à véhiculer c'est qu'on peut s'entraider pour se sentir mieux. C'est pas toujours facile de mettre un pied devant l’autre; surtout quand ça feel vraiment deg’ comme moi je feelais depuis 2 jours la semaine passée. La tournure plus positive du texte est donc une énergie de feel good pour moi aussi. Voici alors un petit step by step des choses qui m’ont grandement aidée quand j’ai dû apprendre à me connaître de nouveau, lorsqu’on a finalement mis le spotlight sur mon ‘’mal-être’’ de vivre comme j’aime l’appeler. Me traiter mieux, plus justement et avec douceur. Être patiente avec moi-même et travailler sur l’acceptation de ma personne. Je t’assure qu’il n’y a rien de facile à apprivoiser un diagnostique de santé mental et c’est LE combat d’une vie.

Boys and Girls, je veux vous dire que la chose la plus difficile, mais essentielle à faire lorsqu’on se sent down depuis un p’tit bout de temps, c’est de se l’admettre. Prendre une grande inspiration, se regarder dans le glace et juste dire ‘’J’vas pas ben’’. Bonne chance pour cette première étape. Tu vas sentir que le sol s’efface sous tes pieds. Mais tout est chill. Expire. Tout va bien aller. Parles-en à ton médecin, ton ami(e), ton boss, ton partenaire de vie, mais demande à quelqu’un en qui tu as confiance de juste t’aider à être rationnelle. C’est quoi tes besoins dans le présent? Là les prochaines étapes, tu les fais à ton rythme, selon tes capacités, où tu vis, tes moyens financiers, etc. Fais ça comme tu veux, mais ici je te parle de mon cheminement personnel. Je vais maintenant assez mieux pour en parler; t'es chanceux. Perso, j’ai commencé par aller voir mon médecin. Aller m’asseoir dans un beau bureau trop clair, trop blanc pour aller pleurer devant un bonhomme de 60 ans. Ouffff. C’est pas comme se confier à sa meilleure chum, mettons. Il m’a prescrit des antidépresseurs. Il m’a mis en arrêt de travail. J’ai un employeur incroyable avec des avantages de fou, donc j’ai vraiment eu la chance de me remettre sur pieds. Après 6 mois d’arrêt, je retournais progressivement au travail. 6 mois d’arrêt de travail. Tu y penses-tu. Si t’es assis là entrain de te dire que j’ai fait le party pendant 6 mois, oh que tu te trompes. J’ai passé les 30 premiers jours à regarder les murs de mon salon. Assise. Là. Sans rien dire. J’allais à mes rendez-vous médicaux/psy et je rentrais chez nous dans la plus grande des peurs invalides. La médication. Quel tabou. Là j’essaie de ne pas inciter personne à faire de choix concernant la cette décision. Je ne travaille pas pour des firmes pharmaceutiques et personnellement, j’étais contre. J’avais été témoin de ma propre mère maniaco-dépressive, qui avait dépéri sous l’emprise de médications qui la rendait végétative. C’était hors de question que je devienne moi-même une plante qui ne faisait rien, sauf dormir. Non. Pas facile la médication. Mettre son orgueil de côté. J’veux dire, t’aurais la jambe cassée, t’aurais une béquille? C’était temporaire, ça m’a aidée. Ça m’a aussi nui, mais je pense que quand tu touches le fond du baril; tu veux essayer de t’équiper avec le plus d’outils possible. J’ai arrêté les antidépresseurs depuis un moment parce que mon médecin et moi, on a réalisé qu’ils me donnaient des idées noires, très noires. C’était inquiétant pour mes proches. Dans les derniers mois, en plus du Covid, j’ai recommencé à feeler, "meh’’. On a donc adapté mon traitement en se concentrant sur l’anxiété and you know what? Ça changé ma vie. Si c’est une route que tu entreprends, je te souhaite bonne chance & lâche pas! SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE Je suis aussi allée chercher du soutien psychologique. Je consulte toujours, d’ailleurs. (Shout Out à ma Psy Louise, on l’adore!) C’est elle d’ailleurs qui m’a aidée avec l’exemple de la béquille. Elle m’a enseignée plein de choses. Elle m’a rappelé que c’était correct de ne pas bien aller. De demander de l’aide. De prendre des médicaments le temps que le cerveau arrête de surchauffer. D’être doux/douce avec soi-même et de faire des choses pour notre propre bien. De se changer les idées et juste s’occuper de soi. J’ai appris à me donner le droit d’avoir des journées où la seule chose que je fais c’est pleurer, ou me trouver poche dans tout. C'est ok. Louise et moi, on travaille ensemble depuis les 3 dernières années. Elle m’aide à réparer des blessures que j’avais refoulées. Elle me remet aussi à ma place quand je lui donne des raisons banales pour lesquelles je me pogne avec mon chum. Je te souhaite de te trouver un/une Louise, tu vas voir, tu vas le sentir quand ça va être LE spécialiste pour toi! Pis j’ajouterais à cet amalgame de bons trucs, de faire du sport. Énergise-toi, fait du yoga. OUI T’ES ASSEZ FLEXIBLE!!! Va faire ton cours de pole dancing que tu veux faire depuis un bout, ou va à des cours d’aquaforme avec les mamies. OUI J’EN AI FAIT PIS C’EST NICE!!! Trouve-toi des lectures que tu vas aimer. Impose-toi pas le livre de Jeremy Demay si tu préfères un bon roman sanglant de Sénécal. Apprends juste à décrocher. OUI JE SAIS C’EST DIFFICILE!!! Recommence à faire ces choses qui te rendaient si heureux/heureuse à un moment où les choses semblaient si simples. Entreprends des nouveaux défis comme collaborer avec un blogue bien-être (héhé). Mets tes limites et arrête d’essayer de plaire ou de faire plaisir à tout le monde, c’est impossible à faire et ça commence par toi. Quand toi tu vas être mieux dans ta tête, les gens qui t’aiment vont encore être là pour te dire que tu fais du beau progrès. À tous les jours je fais le travail de me valider, de m’encourager et me remercier d’être douce et juste avec moi-même. Si, à la fin d’une journée, je ne suis pas 100% satisfaite, j’essaie fort de m’encourager en me rappelant que j’ai fait de mon mieux et que j’aurai la chance de donner un peu plus de moi demain. J’ai passé les trois derniers jours pas trop trop dans mon assiette. Plutôt à l’envers et je me sentais tellement poche aujourd’hui. J’trouvais que ma médication faisait pas assez effet. J’étais émotive. J’ai été rough avec moi-même pis j’me suis juste mobilisée un peu. Tranquillement. J’ai finis ma journée de travail qui semblait interminable et j’ai juste laissé mes doigts aller… J’espère que tu vas te retrouver dans mes nombreuses lignes. Que ça va peut-être te donner le petit peu de courage que t’avais besoin pour entreprendre des démarches pour aller mieux, ou que tu vas juste mieux comprendre la personne avec qui tu passes ta vie. On a tous une réalité différente et on est confronté à celle-ci. On est tous unique au meilleur de nous-même. Lâche pas de pas lâcher et aime toi, juste un peu plus fort aujourd’hui.  

Crédit photo : Jared Riced / Unsplash

209 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout