• Lysanne Boileau

Quatre têtes valent mieux qu'une

Mis à jour : 13 juin 2020

J’ai enfin trouvé un équilibre entre mon passé et mon futur, et cela me permet d’apprécier mon présent.


J’ai longtemps eu le sentiment d’avoir brisé ma famille. Je vivais dans le passé, je me faisais mille et un scénarios sur comment les choses auraient pu être différentes, sur comment j’aurais pu rester avec le papa de mon enfant malgré qu’ensemble nous étions toxiques.


Il y a tout un processus pour se rendre à l’étape de l’acceptation. Parce que oui, se séparer parfois amène un deuil. J’ai dû faire le deuil de ma 'famille idéale'.


Au début, c’est le déni. Bien que nous ayons pris ce choix ensemble, j’étais incapable de renoncer, d’avancer, j’essayais désespérément qu’il retombe en amour avec la fille perdue que j’étais. Ensuite vient la colère, je n’étais jamais satisfaite, pour moi papa n’en faisait jamais assez, j’étais toujours prête à tout critiquer sur sa façon de faire avec mon petit amour. Rapidement arrive l’étape de la négociation. Ce n’est déjà pas évident de devoir négocier sur le temps que pourra passer chacun des parents avec l’enfant, là on est rendu qu'on me demande si j'aimerais l’avoir à Noël ou au jour de l’an?! On est au mois de mai doux Jésus, je ne sais pas!? Tant de questions, mais si peu de réponses dans ma tête. Tranquillement, les décisions ont été prises. Mon bébé allait aller dormir chez papa une fin de semaine sur deux, et quelques soirs par-ci et par-là. Ça me semblait énorme. Ça me semblait trop sur le coup. Et puis on était rendu là; on était séparé, la petite se promenait entre deux toits et la douleur elle se manifestait. La réalité était frappante, la réalité faisait vraiment mal. J’ai broyé du noir, pis encore du noir. J’ai bu du vin, pis encore du vin.


Jusqu’au jour où j’ai ressenti un petit soulagement, la semaine avait été plus difficile, c’était pénible de bien faire la routine du dodo car ma petite cocotte pleurait fort et très longtemps, j’étais fatiguée et j’ai eu la pensée « enfin, ce weekend je n’ai pas la petite, je vais pouvoir me reposer ». J’ai réalisé que j’existais moi aussi, que j’avais des besoins et j’ai commencé à profiter. Une fin de semaine sur deux, j’étais libre, je pouvais sortir avec mes copines ou même commencer à dater de nouvelles personnes. J’y ai vite pris goût. Je commençais à avoir hâte a ces weekends-là.

Le temps continuait d’avancer, papa s’est fait une copine. Avec elle aussi j’ai passé par différentes étapes, je l’ai détestée, je l’ai acceptée et là je pense même que je commence à l’aimer. Parce que grâce à elle, tu reviens avec une couette et les cheveux démêlés. Parce que grâce à elle, papa devient un homme bon. Elle appuie papa dans son rôle et c’est ça le plus important. Les mois ont passés, j’ai aussi rencontré une nouvelle personne. Une personne qui avait assez de place dans son cœur pour moi et mon grand bébé de 4 ans.

Moi et papa, on a pris des chemins différents. Mais finalement, c’est juste tellement pour le mieux non?! Nous avons tous les deux rencontré des personnes qui t’aiment énormément et on a finalement juste doublé la recette du bonheur. Deux maisons, deux couples de parents qui t’aiment et te guideront pour devenir la meilleure petite fille possible, deux fois plus de jouets, deux garde-robes. L’amour à la deux.


Pourquoi pas si tout le monde est heureux?! J’ai eu du mal à l’accepter, mes parents sont encore ensemble et forme un magnifique couple alors j’avais un peu idéalisé ce principe, mais à chacun sa recette au final. J’avais honte de devoir dire aux gens que notre fille grandirait avec des parents séparés. Ce stress, cette pression, c’était dans ma tête à moi. Ce qui aurait été honteux, c’est de rester dans une situation où je me sentais malheureuse. Nous avons tous droit au bonheur. On est dans une société tellement open, des enfants grandissent dans des familles avec deux papas ou deux mamans, les gens choisissent d’être heureux et amoureux. C’est tellement ça la beauté de notre génération, nous avons aboli les standards, alors j’ai bien le droit d’être heureuse dans ma situation familiale, de choisir le bonheur et d’élever une petite cocotte qui sera doublement aimée par ses deux familles.

On dit que deux têtes valent mieux qu’une, alors à quatre têtes c’est encore mieux. Alors à toi qui hésite, choisis-toi. Choisis le bonheur, ton enfant t’en sera un jour reconnaissant.

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